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Le cardinal Segura - Homélie du cardinal Segura

 

Homélie du Cardinal SEGURA, archevêque de Toledo le 7 mai 1931.

 Il est communément admis –à tort ou à raison- que son homélie fut le détonateur de la journée de violences qui se déclenchèrent le 11 mai 1931. Ce jour-là des centaines et des centaines d'édifices religieux (églises, maisons de retraite, écoles, couvents) furent saccagés et incendiés. Elle provoqua aussi l'expulsion du territoire espagnol à son auteur. Mais en regardant ces événements dans le contexte d’aujourd’hui, on peut se rendre compte que ses contemporains avaient une curieuse conception de la démocratie.

Pedro SEGURA Y SÁENZ, (1880-1957) était né le 4 décembre 1880. C’est un personnage très controversé, avec ses fidèles inconditionnels et ses détracteurs acharnés. Si l’on fait une synthèse objective ou si l’on essaie de porter un regard neuf sur lui sans aucun parti pris, on s’aperçoit qu’il a, comme tout le monde ses bons et mauvais côtés. Il était extrêmement ambitieux et rigide. Il aurait voulu que tous les chrétiens, mais aussi les autres, soient des saints. (Par exemple, il voulait interdire les bals et donnait des ordres à ses prêtres pour qu’il en soit ainsi dans tout son diocèse) Une telle rigidité était perçue comme une dictature. Dictature à peine effacée par sa grande culture, son éloquence et son charisme.
Depuis le séminaire, ses confrères purent constater son ambition. Pedro cherchait toujours la compagnie des plus « grands » et ne les fréquentait guère. Cette ambition et ses relations lui firent gravir rapidement les échelons. En politique, il ne montra guère d’enthousiasme pour la dictature de Primo de Rivera, mais essaya de côtoyer le roi à qui il trouvait toutes les vertus. Après la victoire de Franco, il entra presque aussitôt en conflit avec celui-ci en raison, principalement, du pardon qu'il jugeait dû aux républicains vaincus. Puis bien d'autres problèmes ensuite.

 

Le 7 mai 1931, il était cardinal archevêque de Toledo à tout juste 50 ans. Sa grande culture et son charisme le plaçaient comme un des personnages les plus en vue de la hiérarchie catholique en Espagne. Comme tout citoyen, il avait ses opinions politiques et était inquiet de la tournure que prenaient les événements.
Dés début du mois de mai, le gouvernement provisoire l'accusa d'être en train de gêner le régime et d'avoir des intentions de faire connaître ses désaccords et ses divergences de vues avec lui à des fins politiques.
Le 1er mai il aurait signé cette lettre pastorale qui fut reprise dans un journal local de l'archevêché. Puis la presse nationale s'en empara. Dans cette lettre il aurait violemment attaqué la toute récente République. Pourtant, on évita –et pour cause- de la publier in extenso. On la sortit de son contexte, on prit des phrases tronquées, entrecoupées de commentaires. Certains journalistes prirent la liberté de les terminer eux-mêmes. Ils leur donnèrent la signification qu'ils prêtaient au cardinal sans aucune objectivité et uniquement en laissant parler leur haine. Certains affirmèrent que le cardinal aurait dit : Que la malédiction de Dieu tombe sur l’Espagne si la République devait s’enraciner en elle. S’il était l’homme froid et calculateur tel qu’on l’a décrit, il paraît impensable qu’il ait pu dire cela dans une homélie ou une lettre pastorale s’adressant aux fidèles sachant que ces propos seraient repris publiquement. Et cela même si, éventuellement, elles correspondaient à ses pensées profondes et personnelles.

Voici sa lettre pastorale in extenso pour que chacun puisse en tirer ses propres conclusions. (Afin de ne pas faire des interprétations hasardeuses ou qui pourrait laisser croire qu’elles sont tendancieuses, la traduction est le plus littérale possible. Cela provoque quelques accrocs au français)

La principale phrase incriminée fut celle-ci :
Si nous restons calmes et oisifs, si nous nous laissons entraîner à l'apathie et la timidité ; si nous permettons que la voie soit ouverte à ceux qui tentent de détruire la religion, ou si nous comptons sur la bienveillance de nos ennemis pour assurer le triomphe de nos idéaux, nous n'aurons pas le droit de nous lamenter quand l'amère réalité nous montrera que nous avions la victoire en mains, mais que nous n'avons pas su combattre comme d'intrépides soldats prêts à succomber glorieusement"- (NDR : notre traduction diffère un peu. Voir plus loin)

Cette lettre s'adressait uniquement au clergé et aux fidèles du diocèse, elle était composée de cinq points principaux : un regard sur le passé; la gravité du présent; les devoirs des catholiques envers la religion; devoirs des catholiques envers le gouvernement provisoire et les devoirs des catholiques dans leurs actes politiques.
Lisons :

Vénérables frères et mes très aimés fils. Les événements que nous connaissons tous ont créé un nouvel état de choses dans notre Patrie qui impose à tous les catholiques de très graves devoirs. Nous savons que, dans ces moments difficiles, vous attendez de nous des orientations et des directives qui vous indiquent clairement le chemin de votre devoir. C’est ainsi que beaucoup vous nous l’avez manifesté, certains avec une impatience justifiée par la gravité de la situation, mais que nous ne pouvions partager, parce-que, dans des moments aussi critiques que les présents, il était nécessaire, plus que jamais, de prier et méditer, pondérer le temps et les circonstances et donner lieu à que, tempérées les angoisses, la prudence et la réflexion conseillent le plus opportun.
C’est pour cela que nous n’avons rien dit et souffert en silence des insinuations et même de grossières calomnies sans nous écarter de la ligne de conduite que nous nous étions tracée, mettant notre confiance en Dieu, qui connaissant la rectitude de nos intentions et l’amour que nous ressentons envers l’Eglise et envers notre Patrie, sera toujours notre meilleur bouclier et notre plus ferme défense. Aujourd’hui est arrivée l’heure de nous exprimer et nous le ferons avec une sincérité absolue et avec la clarté nécessaire pour que, ceux qui militaient dans les légions de paix de l’Eglise catholique, ayez des normes sûres qui vous indiquent, dans ces moments d’obscurité et de confusion, le chemin que vous avez à suivre.
Les commotions les plus violentes des peuples, même si elles peuvent changer le cours de l’Histoire, ne suffisent pas pour rompre le fil de la tradition.
Les jours d'aujourd'hui sont les enfants de ceux d'hier et les grands événements que signalent les nouvelles directions de la vie des nations ne s'engendrent pas subitement sinon qu'ils viennent d'une longue préparation et ont de profondes racines dans d'autres faits, peut-être très lointains, et que par des chemins cachés aux yeux des hommes, mais patents à la divine Sagesse, continuent d'influer d'une façon efficace pendant des siècles.
L'Histoire d'Espagne ne commence pas cette année. Nous ne pouvons renoncer à un riche patrimoine de sacrifices et de gloires cumulés par une longue série de générations.
Les catholiques, particulièrement, ne pouvons oublier que dans l’espace de nombreux siècles, l’Eglise et des institutions aujourd’hui disparues, ont cohabité sans se confondre et sans s’absorber et que, de son action coordonnée, naquirent des bénéfices immenses que l’Histoire impartiale a écrit avec des lettres d’or.
L’Eglise ne peut lier son sort aux vicissitudes des institutions de ce monde. Celles-ci muent, l’Eglise reste, celles-ci sont périssables, l’Eglise est immortelle.
Mais l’Eglise ne renie pas son œuvre. En temps d’anarchie elle a consolidé, par son autorité, le pouvoir réel, et avec cela elle a rendu des services inestimables à la cause de l’ordre et du progrès, de façon qu’ont dû reconnaitre mêmes les historiens adverses au christianisme.
Quand de nouvelles circonstances firent nécessaires de nouveaux changements dans le gouvernement de la Nation, l’Eglise, sans descendre se mêler aux combats ni aux rivalités, continua à exercer sa mission de paix, et le bien public trouva en elle un solidissime bastion.
Fréquemment, dans l’espace de longs siècles, elle a du défendre son indépendance contre les immiscions du pouvoir civil et, en plus d’une occasion, elle a du rappeler leurs devoirs aux gouvernants qui les oubliaient, mais elle a toujours respecté la forme de gouvernement que la Nation s’était donnée à elle-même.
Nous n’avons pas de raisons d’occulter que, si bien dans les relations entre l’Eglise et le pouvoir civil il y a eu des parenthèses douloureuses, la monarchie, en général, fut respectueuse des droits de l’Eglise. Le reconnaître ainsi est un tribut dut à la vérité, surtout quand on rappelle avec fruition les erreurs et on oublie les succès et les bienfaits. L’Espagne, et en particulier notre archidiocèse, sont pleins de monuments qui témoigneraient si nous nous taisions.
Qu’il nous soit licite d’exprimer ici un souvenir de gratitude à sa Majesté Alphonse XIII, qui durant son règne sut conserver l’ancienne tradition de foi et de piété de ses ainés. Comment oublier sa dévotion au Saint Siège ? Et, que ce fut sa majesté qui consacra l’Espagne au Sacré Cœur de Jésus ?
Et les tolédans, laissant de côté d’autres événements, nous nous souviendrons toujours de ce jour où Il posa son bâton de commandement aux pieds de notre Dame de Guadalupe et de cet autre du mois d’octobre dernier dans lequel, assistant au Concile provincial célébré à Tolède, me fit évoquer d’autres glorieux conciles tolédans qui laissèrent de profonds sillons dans notre vie nationale.
La noblesse et la gratitude demandaient ce rappel : il a toujours été très chrétien et très espagnol de rendre allégeance à la majesté tombée, surtout quand le malheur éloigne l’espérance de bienfaits et le soupçon d’adulation.

Gravité de l’heure présente.

Pour estimer la gravité des moments actuels, il nous suffira de transcrire ici les paroles que nous avons laissées écrites le 27 février de la toute proche année dernière.
Nous sommes tous persuadés, disions-nous alors, que les instants actuels sont d’une grave transcendance pour l’avenir de notre Patrie.
Il est vrai que, même dans les circonstances les plus difficiles de notre histoire, une palpable protection du ciel nous a sauvés avec une singulière providence de très graves risques, clair indice de soins affectueux auxquels nous devons correspondre avec une filiale gratitude. Veille sur nous la très sainte Vierge qui voulut prendre possession de notre sol aux bords de l’Ebre et nous laisser, comme un perpétuel souvenir de son influence et de son aide, la basilique du Pilar de Saragosse. Nous avons aussi la promesse consolatrice que le Sacré Cœur de Jésus fit au P. Bernardo Hoyos de « régner en Espagne et avec plus de vénération qu’ailleurs ». Mais notre devoir n’est pas de tenter Dieu ; avant nous devons essayer, avec un comportement intensément chrétien, d’envisager les maux qui paraissent s’avoisiner, en attirant sur notre Patrie les bénédictions du ciel.
Il n’est pas nécessaire de s’abaisser dans les détails qui seraient délicat d’aborder et, que d’un autre côté, sont connus de tous. Il suffit de dire la gravité du moment présent par rapport à un avenir aussi incertain qui s’entrevoit, et qui ne se circonscrit pas seulement à la situation politique, sinon qu’elle touche l’ordre social et au moral et religieux.
Mais la situation qui émeut les mimes est une partie, sans doute, pour que ceux-ci se préoccupent plus immédiatement des futures directions politiques de la Patrie. Les uns et les autres avec une fébrile activité se préparent à prendre des positions pour la défense de leurs idées et intérêts. Les anciens partis se réorganisent ; on annonce la formation d’autres nouveaux ; se préparent des unions et des fédérations circonstancielles pour additionner des forces : indice tout cela que nous nous trouvons à la veille d’une intense lutte politique.
Ni mêmes les plus avisés et prévoyants peuvent conjecturer les conséquences qu’aura cette lutte, non seulement dans l’ordre politique, sinon dans le social et très principalement dans le religieux. Mais qu’il en soit d’une façon ou d’une autre, il faut se le tenir pour certain que, même en considérant que ce dernier aspect, l’heure doit se qualifier de grave.
Les faits ont confirmé tout ce que nous avions écrit alors. Quelques dispositions récentes en préjudice des droits de l’Eglise et d’autres plus graves qui s’annoncent et que, parce qu’elles sont connues de tous, nous n’énumérons pas, donnent aux heures actuelles une gravité extraordinaire et imposent à la conscience de tous les catholiques espagnols une gravissime responsabilité qu’ils ne pourront éluder ni face à l’Histoire de l’Eglise, ni, ce qui est plus important, face au Tribunal de Dieu.

Devoirs religieux des catholiques à l’heure présente.

Il est nécessaire d’insister de façon urgente sur les devoirs religieux des catholiques à l’heure présente. L’arme puissante, invincible, dans tous les besoins temporels et spirituels, ceux des individus comme ceux des peuples, c’est l’arme de la prière quand celle-ci réunit toutes les conditions que lui enseigna le Divin Maître.
En Espagne dans ces moments difficiles il n’y a pas eu et il n’y a pas assez de prières et il ne s’est pas fait la pénitence des graves péchés avec lesquels on a provoqué la Justice Divine. Il est nécessaire un changement de conduite si on veut arriver au triomphe de la bonne cause. Nous nous laissons dominer par l’esprit de naturalisme qui nous enveloppe et nous avons trop confié le succès de notre entreprise à des moyens humains alors qu’il faut chercher en Dieu Notre Seigneur le remède de tous nos maux.
Nous croyons donc indispensable que s’organise, principalement par les dames catholiques, une croisade de prière et de sacrifices pour implorer du ciel le secours dont nous tant besoin en ces moments.
Pourront prendre cette charge avec grand profit, sous la direction des révérends curés, les dames qui, d’une façon ou d’une autre, militent sous les étendards de l’Action Catholique. Leurs champs d’actions sont extrêmement vastes, promouvant avec toute intensité, non seulement les prières privées pour les besoins de la Patrie, sinon des actes solennels de culte, des rogations publiques, des pèlerinages de pénitence et utilisant les moyens traditionnellement utilisés dans l’Eglise pour implorer la divine miséricorde, conformément à ce que nous avons prévu dans notre circulaire du 15 avril.

Devoirs des catholiques par rapport au gouvernement provisoire

Il est innecessaire, parce que su par tout le monde, de faire constater que l’Eglise n’a aucune prédilection pour une forme particulière de gouvernement.
On pourra discuter sur le terrain des principes philosophiques si tel ou tel parti est le meilleur, et il se peut qu’entre les philosophes chrétiens il y est une certaine unanimité à préféré un parti déterminé, mais l’Eglise, sur ce point, a réservé son opinion. Et il est normal qu’il en soit ainsi puisqu’on ne peut pas déterminer la meilleure façon de gouverner sur des principes philosophiques, sinon en prenant en compte la multitude de circonstances de lieux, de temps et de personnes. La tradition, l’histoire, la nature et le tempérament de chaque peuple, sa culture et ses us et coutumes, son état social et jusqu’à sa géographie et les circonstances externes qui l’entourent, peuvent rendre préférable une forme de gouvernement qui, théoriquement, n’est pas la plus parfaite. La finalité directe de l’autorité civile étant de promouvoir le bien temporel de ses sujets il n’appartient pas à l’Eglise, qui a un objectif beaucoup plus élevé, de descendre dans un champ où se débattent des intérêts qui, même très respectables, sont d’un ordre secondaire.
Mais ce n’est pas pour cela qu’elle se désintéresse entièrement du bien temporaire de ses enfants. Sa mission est une mission de paix et pour entretenir la paix, qui est le fondement du bien public et condition nécessaire de progrès, elle est toujours disposée à collaborer, à l’intérieur de son rayon d’action, avec ceux qui exercent l’autorité civile. Mais, à son tour elle demande que celle-ci respecte les droits qu’octroya à l’Eglise son Divin Fondateur et que toujours à l’intérieur de son rayon d’action du pouvoir temporaire, l’aide, en parfaite concorde, à l’accomplissement de sa très haute mission.
A la lumière de ces principes, il est facile de déterminer quels sont les devoirs qui concernent les catholiques envers le gouvernement provisoire qui gère actuellement les destins de notre Patrie. Le Saint Siège, dans des situations analogues, a tracé des normes que les catholiques doivent suivre avec fidélité. Selon ces règles, le devoir des catholiques est de rendre tribut, aux gouvernements constitués de fait, respect et obéissance pour le maintien de l’ordre et pour le bien commun. Que l’attitude de très grande prudence du Saint Siège nous serve de guide pour notre conduite sur ce point. Celui-ci, quand il lui a été notifié la constitution du nouveau gouvernement, a déclaré être disposé à le seconder dans le maintien de l’ordre public, confiant que, pour sa part, le gouvernement respecterait les droits de l’Eglise et des catholiques dans une Nation où la quasi-totalité de la population professe la religion catholique.

Devoirs des catholiques dans leurs comportements politiques

Il a été répété plusieurs fois ces derniers temps que l’Eglise ne doit pas se mêler de la politique. Mais, comme avait déjà averti Pie X, « Ce n’est certainement pas l’Eglise qui est descendue dans l’arène politique, on l’a entraînée sur ce terrain pour la mutiler et la dépouiller »
Ne doit-on pas lui concéder au moins le droit de se défendre sur le même terrain qu’elle est combattue ? « Quand la politique touche l’autel, disait Sa Sainteté Pie XI à la Fédération Universitaire Italienne, alors la Religion et l’Eglise et le Pape qui la représente ont, non seulement le droit, sinon le devoir de donner des indications et des règles, que les catholiques ont le droit de rechercher et l’obligation de suivre »
De là que le Souverain Pontife Pie X réprouva la doctrine qui affirme que c’est un abus d’autorité ecclésiastique celui de ce qu’elle prescrive au citoyen ce qu’il doit faire. L’Eglise ne se préoccupe pas d’intérêts purement temporaires ; elle ne veut pas envahir des compétences d’autrui ni priver ses enfants de la légitime liberté de ces affaires que Dieu laissa aux disputes des hommes, mais elle ne peut consentir que l’on ignore ou que l’on minimise ses droits ni les droits religieux de ses enfants.
Quand cela arrivera, elle fera son devoir auquel elle ne peut se soustraire sans manquer à sa mission divine, alertant les catholiques du danger, les engageant à le conjurer, en leur donnant des directives pour une meilleure réussite de leurs objectifs supérieurs.
Il incombe aux catholiques d’obéir et d’accomplir les instructions et directives de l’Eglise qui, avec l’assistance de l’Esprit-Saint qui la gouverne, et avec vingt siècles d’expérience, sait toujours trouver parmi les plus grandes obscurités, le chemin de la vérité avec justesse. L’Eglise donc, nous apprend en premier lieu que : « quand les ennemis du règne de Jésus-Christ avancent résolument, aucun catholique ne peut rester inactif, isolé dans son foyer où occupé seulement à ses affaires privées »
« Préparer et accélérer –dit Sa Sainteté Pie XI dans son encyclique sur la royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ - le retour de la société à Jésus-Christ par l’action et par les œuvres est certainement le devoir des catholiques, mais beaucoup d’entre eux ne paraissent avoir dans la cohabitation sociale ni la place ni l’autorité de ceux qui portent devant eux la torche de la vérité. Ces désavantages découlent peut-être de l’apathie et la timidité des bons qui s’abstiennent de lutter ou résistent faiblement. Il en résulte que les ennemis de l’Eglise prennent davantage de témérité et d’audace »
« A vous –disait à son tour Pie X aux catholiques dans son encyclique Communium Rerum – a vous de résister vaillamment contre cette funeste propension qu’a la société moderne à s’endormir quand la lutte contre la Religion s’accentue, dans une inertie honteuse, cherchant une vile neutralité érigée sur de vains respects et compromis ; tout cela en préjudice de ce qui est juste et honnête, oublieux de cette infaillible et stricte sentence du Christ : -"Celui qui n’est pas avec moi est contre moi-"

Ce même Pie X dans son très saint document Inter Catholicos Hispaniae, écrivit ces paroles : - « Ayez tous présent que devant la Religion et le bien public en danger, il n’est licite à personne de rester oisif » – De ce que déduisit logiquement notre vénérable prédécesseur, le cardinal Aguirre, dans la première de ses mémorables Normes d’Action Catholique et Sociale que -“les catholiques ne doivent pas abandonner dans les mains de leurs ennemis, le gouvernement et l’administration des peuples“-
A cela équivaudrait son abstention, puisque, comme avertissait le Pape Léon XIII, dans son encyclique Inmortale Dei : -« Si les catholiques restent quiets et oisifs, prendront facilement le pouvoir des affaires publiques, des personnes dont les idées ne peuvent offrir de grands espoirs d’un gouvernement salutaire »-
Pour empêcher cela, il est nécessaire de la part des catholiques, une efficace et prudente action politique. N’est-il pas un devoir de tous les catholiques –disait Sa Sainteté Pie X dans son encyclique du 25 août 1910- d’utiliser les règle politiques à portée de sa main pour défendre l’Eglise et aussi pour obliger la politique à rester sur son terrain et ne pas s’occuper de l’Eglise sinon pour lui donner ce qui lui est dû.
Cette action doit se diriger de façon spéciale pour qu’aux Assemblées administratives comme à celles politiques de la Nation soient élues les personnes qui, considérées les conditions de chaque élection, paraissent plus aptes à respecter les intérêts de la Religion et de la Patrie dans l’exercice de leurs pouvoirs.
Est-il nécessaire d’insister sur l’opportunité de cet avertissement, à l’heure actuelle de la vie espagnole quand vont être élues les Cortes Constituantes (parlement) qui devront décider non seulement la forme de gouvernement qui, au fond n’est une chose d’intérêt secondaire et accidentel, sinon beaucoup d’autres points extrêmement graves, d’une transcendance incalculable pour l’Eglise et les catholiques et pour toute la Nation ? Nous nous trouvons dans une de ces heures où il va être décidé, peut-être de façon irrémédiable, l’orientation et l’avenir de notre Patrie.
En ces moments d’angoissante incertitude, chaque catholique doit mesurer la magnitude de ses responsabilités et accomplir vaillamment son devoir. Si nous avons tous les intérêts supérieurs en vue, sacrifiant le secondaire au profit du principal, si nous unissons nos efforts pour lutter dans une cohésion et discipline parfaites, sans vaines vantardises, mais avec foi dans nos idéaux, avec abnégation et esprit de sacrifice, nous pourrons regarder l’avenir tranquillement, sûrs de la victoire. Si nous restons quiets et oisifs, si nous nous laissons porter par l’apathie et la timidité, si nous laissons libre le chemin à ceux qui s’efforce de détruire la religion ou si nous confions le triomphe de nos idéaux à la bienveillance de nos ennemis, nous n’aurons même pas le droit de nous lamenter quand la triste réalité nous démontrera qu’ayant tenu la victoire en mains, nous n’avons pas su lutter audacieusement ni succomber avec gloire.
Dans les circonstances actuelles, tous les catholiques, sans distinction de partis politiques, doivent s’unir dans un grand rassemblement. Ce que le Pape Pie X jugeait « nécessaire et indispensable » il y a des années, l’est encore plus aujourd’hui : Nécessaire et indispensable –disait ce regretté Pontife- l’Eglise a jugé que les catholiques d’Espagne, s’ils ne pouvaient réussir une union permanente et habituelle, établissent au minimum des accords transitoires, pernodum actus transeuntis, chaque fois que les intérêts de la Religion et de la Patrie exigent une action commune, spécialement devant chaque menace d’attentat au préjudice de l’Eglise.

 “Adhérer promptement à telle union ou action pratique commune –continuait le Souverain Pontife cité- est un devoir essentiel de tout catholique, quel que soit le parti politique à qui il appartient“ Nous voudrions ne pas avoir à écrire des noms qui pourraient être des étendards de combat de groupe divers, mais nous nous sommes imposés le devoir de parler avec une entière clarté et nous l’accomplirons loyalement. C’est ainsi que nous disons à tous les catholiques : républicains ou monarchistes, vous pouvez noblement être en désaccord quand il s’agit de l’orientation de gouvernement de notre Nation ou d’intérêts purement humains, mais quand l’ordre social est en danger, quand les droits de la Religion sont menacés c’est un devoir absolument indispensable de vous unir tous pour les défendre et les sauver.
Il est urgent que, dans les circonstances actuelles, les catholiques négligeant leurs tendances politiques, dans lesquelles ils peuvent rester librement, s’unissent d’une façon sérieuse et efficace pour obtenir que soient élus aux Cortes Constituantes les candidats qui offrent une pleine garantie qu’ils défendront les droits de l’Eglise et de l’ordre social.
Dans l’élection de ces candidats, il ne faudra pas donner de l’importance aux tendances monarchistes ou républicaines, sinon qu’il faudra regarder, par-dessus toute autre considération les susdites garanties. Pourraient nous servir d’exemple ce que firent les catholiques de Bavière après la révolution de novembre 1918 : tous unis et en concorde, ils œuvrèrent ardemment pour préparer les premières élections dans lesquelles ils atteignirent une notable majorité, encore que seulement relative, de façon que, constituant le groupe parlementaire le plus fort, ils purent, comme en témoignent les faits, sauver le pays du bolchévisme qui menaçait et qui arriva à dominer quelque temps, et défendre les intérêts de la Religion jusqu’à la conclusion d’un concordat, très favorable à la liberté de l’Eglise et des écoles confessionnelles.
On ne parlait pas de monarchie ni de république, sinon que toute la campagne électorale se basa sur ces deux points : Défense de la Religion et défense de l’ordre social.
Cette coïncidence sera facile si tous les catholiques qui appartiennent à un quelconque parti, se souviennent qu’ils « sont obligés, comme enseigna Sa Sainteté Pie X, à conserver toujours intègre leurs liberté d’action et de vote pour refuser de coopérer d’une façon ou d’une autre, aux lois ou dispositions contraires aux droits de Dieu et de l’Eglise, et, aussi à faire dans toute occasion opportune, tout ce qui dépend d’eux pour soutenir positivement les droits susdits »
Nous jugeons innecessaire descendre à plus de détails. Le temps n’est pas aux longs discours, sinon à celui de prier, d’œuvrer, de se sacrifier si c’est précis, pour la cause de Dieu et le bien de notre bien aimée Patrie.
Si vous faites tous, mes vénérables frères et très aimés enfants, Dieu bénira vos efforts. Promesse de la bénédiction divine soit celle que nous vous donnons au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
 

Toledo, 1er mai 1931
PEDRO, cardinal Segura y Sáenz

Et moi je vous demande : -Il y a-t-il dans cette homélie de quoi provoquer des émeutes et la destruction et l'incendie de centaines d'édifice religieux ?-

 

 

 

 


Date de création : 26/10/2011 @ 11:10
Dernière modification : 31/08/2012 @ 16:23
Catégorie : Le cardinal Segura
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 Persécution en Espagne pendant la II République



La conduite de l'Eglise espagnole pendant la guerre civile est encore et toujours, violemment critiquée.
On l'accuse d'avoir été réactionnaire, hypocrite, fasciste, obscurantiste. Elle aurait été soumise aux puissants et aurait méprisé les pauvres. Immensément riche, elle se serait rangée du côté de la force de peur de perdre ses privilèges.

Pourtant, il suffit d'étudier un peu cette époque pour s'apercevoir que toutes ces critiques ne dépassent pas le stade de la propagande. Elles peuvent facilement être réfutées, une par une.
C'est ce que vous pourrez trouver sur ce site.

Lisez argument par argument. vous comprendrez vite qu'il suffit juste d'un peu de bon sens, pour s'en convaincre.
Puis vous pourez lire  quelques unes des horreurs commises dans la page "le massacre"
 

 



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